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CONSEILLER MUNICIPAL DE TOULOUSE ET CONSEILLER COMMUNAUTAIRE DE TOULOUSE MÉTROPOLE

Tour Occitanie : la tour de la discorde

Il est dans le domaine municipal, des impératifs nouveaux, heureux et source d’amélioration de la qualité de vie. La concertation est de ceux-là.

Le débat autour de la Tour Occitanie fait rage au cœur de notre métropole Toulousaine, par cet article, j’ai voulu faire part de mon analyse et de mes propositions.


Ce dossier semble être l’archétype d’une politique ancienne incarnée en tous points par la majorité municipale actuelle, à savoir celle qui se pense et se décide au cœur des bureaux feutrés du Capitole, loin, bien loin de la réalité vécue par les Toulousaines et les Toulousains.



Tout dans ce dossier semble avoir été imaginé pour semer la discorde et propager la suspicion. Voici quelques-uns des points qui me semblent poser de graves problèmes éthiques et politiques.

Une concertation manipulée. Alors que l’équipe municipale précédente avait imaginé un dispositif de concertation complet autour du projet Toulouse EuroSudOuest, associant un large panel d’associations et de professionnels autour d’ateliers visant à partager les enjeux et conditions de mise en œuvre d’un renouvellement urbain de qualité autour de la gare Matabiau, Jean-Luc Moudenc a préféré la manipulation. En effet, et comme les associations ne cessent de l’indiquer, il n’a jamais été question, avant 2016, d’implanter une tour dans le périmètre de Toulouse EuroSudOuest, du moins publiquement. La concertation tronquée de Jean-Luc Moudenc n’aura donc consisté qu’à détourner l’attention d’acteurs sincères de la démocratie locale, pendant que les vrais dossiers se préparaient du côté du Capitole. Premier déni d’information et de démocratie.

La modification en catimini du Plan Local d’Urbanisme. Ce document fixe les règles en matière d’urbanisme. En août 2016 le compte rendu de la concertation concernant la modification de ce plan évoque la possibilité de voir s’élever une tour de 150 mètres, et ce alors même que dans l’objet du débat cette possibilité n’était pas évoquée. C’est donc au cours de la concertation que ce projet est rajouté. Il y a aujourd’hui de fortes raisons de penser que cette stratégie de contournement a été concomitamment élaborée par la municipalité en place en lien étroit avec des promoteurs candidats à l’édification de la tour, alors qu’un tel projet aurait mérité un vaste débat, dépassant largement le cadre technique de la modification du PLU. Second déni d’information et de démocratie.


L’annonce de ce projet.Alors qu’il semble légitime d’imaginer qu’un projet d’une telle envergure soit dévoilé aux Toulousaines et aux Toulousains depuis notre ville, il n’en fut rien. C’est dans un salon international dédié aux professionnels de l’immobilier d’entreprise à Nice que Jean-Luc Moudenc a décidé de présenter ce projet. Simple maladresse ou manifestation d’une certaine fébrilité face à la réaction des Toulousaines et des Toulousains ? Il est légitime de se poser la question.



Un symbole problématique concernant la mixité. La majorité municipale a souhaité faire voter une délibération dérogatoire permettant à cette future tour de ne contenir aucun logement social. Par-delà le faible nombre de logements sociaux potentiellement concernés, j’y vois malgré tout un symbole très regrettable d’une tour exclusivement réservée à des foyers fortunés, préfigurant une ville assumant l’exclusion des plus pauvres et demain des classes moyennes.

Une ombre portée sur plus de 10 000 Toulousaines et Toulousains. Une récente étude tend à démontrer que l’ombre provoquée par cette tour impactera régulièrement plus de 10 000 Toulousaines et Toulousains. Par-delà les débats d’experts quant à la validité des hypothèses retenues pour cette étude, il n’en demeure pas moins que le projet va indéniablement venir altérer concrètement la qualité de vie de milliers de Toulousaines et de Toulousains. Une telle réalité rend d’autant plus inconcevable que ces derniers ne soient ni consultés en amont ni concertés en aval.



Le bouleversement du paysage Toulousain.Le paysage de notre ville n’appartient pas au Maire en place et je tiens à souligner qu’une telle tour modifiera définitivement le centre-ville de notre ville. Face à de tels enjeux, et au-delà du seul sujet de la tour, je souhaite qu’à l’avenir, une concertation exemplaire à l’échelle de la ville, voir même de la métropole soit systématiquement conduite avant tout changement de cette ampleur.

Il n’est pas trop tard pour consulter sérieusement les Toulousaines et les Toulousains, aussi je propose qu’une grande concertation incluant le quartier impacté, mais aussi l’ensemble de la ville soit organisée. Je souhaite que cette dernière puisse aller jusqu’à l’amendement et au questionnement de ce projet.

Si aucun consensus ne devait se dégager, c’est à un référendum local que j’appellerais alors.


Romain Cujives
Conseiller municipal de Toulouse
Conseiller communautaire de Toulouse métropole